Les 20 mots les plus importants en dissertation

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Les 20 mots les plus importants en dissertation

dissertation 20 mots plus importants

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Mémoire thème prépa HEC Romain Treffel

Un peu comme le grimpeur expérimenté qui trouve ses prises d’instinct, parce qu‘une pratique répétée les a gravées dans son esprit, je ne choisis plus tous mes mots consciemment quand je rédige une dissertation – je suis comme en pilote automatique.

Sans aller jusqu’à mener une analyse statistique, j’ai en effet remarqué qu’un nombre non négligeable de termes reviennent désormais de manière quasi systématique : voici ceux qui sont, de mon point de vue, les 20 mots les plus importants en dissertation.

J’illustrerai leur usage avec le sujet de philosophie « La philosophie, c’est apprendre à mourir. ».

1. « Problème »

Le nom commun « problème » a surtout sa place dans l’introduction – où il est même possible d’écrire clairement « Le problème est/consiste dans… » – et il peut être utilisé dans le développement (de préférence dans les transitions et la conclusion) pour évoquer l’évolution de la réflexion, par exemple une direction inattendue, ou un éventuel resserrement. Il est également la racine de termes fondamentaux du vocabulaire de la méthodologie de la dissertation, comme « problématique », « problématiser », ou encore « problématisation ».

Sa présence témoigne de la conscience qu’a le dissertateur de l’enjeu principal de l’exercice, à savoir la réflexion. En effet, l’existence d’un problème appelle un processus intellectuel de résolution.

2. « Quel(le) »

L’adjectif interrogatif « quel » est souvent le premier mot des quelques questions qui s’enchaînent à la fin de la problématisation, laquelle constitue généralement la sous-partie finale de l’introduction. On pourrait par exemple s’y demander simplement « Quel est le lien entre la philosophie et la mort ? ». « Quel » peut également être le premier mot de la problématique, la question qui exprime, généralement en reformulant le sujet, le problème principal de la dissertation. Il est parfois recommandé de maintenir la tension du questionnement dans les introductions et conclusions partielles, voire dans les paragraphes, mais il s’agit peut-être d’une ambition un peu risquée. Les adverbes « comment » et « pourquoi » sont les alternatives pour poser des questions ouvertes.

Les phrases interrogatives, quelles qu’elles soient, servent à retranscrire le processus de problématisation propre à la méthodologie, c’est-à-dire la mise en évidence du problème ainsi que son découpage en sous-problèmes. Si elles nuisent parfois à la lisibilité, elles sont cependant la preuve que la dissertation n’est pas un texte libre, mais la transcription écrite d’un processus intellectuel de résolution.

3. « Énoncé »

De prime abord, le nom commun « énoncé » ne semble pas avoir sa place dans le « produit fini » – la dissertation écrite ; pourtant, il peut être utilisé avec profit dans l’introduction, la conclusion, les introductions et conclusions partielles, et dans les transitions – bref, à tous les endroits où il est question de l’évolution de la réflexion générale, et non pas de détails de l’argumentation. Pour notre sujet, on pourrait par exemple écrire dans la problématisation : « L’énoncé pose avec certitude l’équivalence de la philosophie et de l’apprentissage de la mort ». Je préfère « énoncé » à « sujet » parce qu’il présuppose que la formulation est importante et qu’il est nécessaire de disséquer le sujet mot par mot.

Aussi terre-à-terre que cela puisse paraître, faire référence à l’« énoncé » dans la dissertation produit un signal de pertinence. C’est la preuve explicite que le travail du dissertateur est focalisé sur la résolution du problème précis qui lui est soumis, dans le détail des mots.

4. « Définition »

Le verbe « définir » et le nom commun « définition » se trouvent bien évidemment dans la sous-partie de l’introduction consacrée à la définition des termes, étape qui vient conventionnellement après l’accroche. Ils peuvent éventuellement encore servir dans le développement de la dissertation s’il est besoin d’éclairer le sens d’un terme technique. Ce sont plus souvent leurs alternatives qui leurs sont préférées : « entendre » (au sens de comprendre), « désigner », « signifier », etc. On pourrait par exemple écrire : « Apprendre signifie acquérir la maîtrise d’une chose ».

Utiliser ces différentes alternatives permet de respecter une étape fondamentale, tant sur le plan conventionnel que sur le plan intellectuel, de la dissertation. La définition des termes est une tarte à la crème de la méthodologie, et pourtant elle est généralement négligée, voire parfois purement et simplement oubliée par les dissertateurs. Or, le processus intellectuel de résolution qui accouche de la dissertation est éminemment dépendant du langage, qui est le logiciel de l’intelligence humaine. Disserter sans définir les termes du sujet, c’est un peu comme vouloir utiliser un ordinateur sans logiciel.

5. « Préjugé »

Le mot « préjugé » a surtout sa place dans l’introduction – et plus précisément dans la problématisation – même s’il peut également être trouvé aux différents bilans d’étape de la rédaction. Ses alternatives sont « lieu commun », « opinion », « doxa », « sentiment prévalent », « impression », « mentalités », etc. On pourrait par exemple commencer la problématisation de notre sujet de la manière suivante : « Le préjugé moderne semble considérer la philosophie comme une science humaine, au même titre que l’histoire, par exemple, ou la littérature. ».

La présence de ce mot exprime l’enjeu de la réflexion, c’est-à-dire la nécessité de vérifier, voire de dépasser ce qui est communément admis sur la question. C’est tout particulièrement le cas en philosophie et en culture générale, où la vérité est conçue comme étant en contradiction avec l’apparence ; mais également en histoire ou en économie, où une analyse factuelle plus approfondie peut permettre de nuancer les évidences.

6. « Aspects »

Si le terme « aspects » est probablement peu présent lui-même dans une dissertation, il représente la nécessité, pour le dissertateur, de décrire les différents aspects du problème qu’il a à résoudre. Des alternatives possibles sont « dimensions », « versants », « portée », etc. Il servirait surtout dans la première phrase d’un paragraphe, pour exposer explicitement la dimension précise du sujet sur laquelle cette portion de l’argumentation va porter, par exemple : « Le problème de la définition de la philosophie semble tout d’abord receler une dimension épistémologique ».

La description des aspects du problème est souvent conçue comme la première étape de la réflexion, ainsi qu’en témoigne le bien commode plan aspects-causes-conséquences.

7. « Facteurs »

Ce mot qui revient souvent dans les dissertations est très utile dans la problématisation ainsi que dans la formulation du plan. Voici par exemple une question qui aurait sa place dans l’introduction de notre sujet : « Quels sont les facteurs qui expliquent la mutation de la définition de la philosophie ? ». En termes d’alternatives, on peut aussi parler de « causes » – mais ce dernier terme paraît sec et moins littéraire aux correcteurs – de « fondements », d’« origines », de « sources », éventuellement de « principes ».

Ces mots fournissent la preuve que le dissertateur mène une réflexion logique, dans laquelle la causalité occupe normalement une place prédominante. Comme le répétait Rousseau, résoudre un problème demande immanquablement d’en identifier les causes.

8. « Effets »

Comme le mot précédent, celui-ci se trouve en priorité dans la problématisation et dans la formulation du plan. En voici un exemple dans un plan aspects-causes-conséquences (plutôt bateau) sur la mondialisation : « Nous terminerons par mettre en évidence les effets/conséquences de la mondialisation »[1]. Ses alternatives sont donc « conséquences », « incidences », « produits », « fruits », « aboutissements », etc.

Le mot « effets » est lui aussi la marque du caractère logique – et donc rationnel – de la réflexion, ainsi que de sa progressivité, c’est-à-dire du fait qu’elle constitue un processus qui avance, étape par étape, vers sa conclusion. Le plan aspects-causes-conséquences serait en partie inspiré du séquençage de la méthode médicale en diagnostic-pronostic-thérapeutique (dont le plan de dissertation correspondant serait toutefois plutôt aspects/causes-effets-remèdes).

9. « Limites »

S’il est dépourvu de portée logique, le mot « limites » sert lui aussi en priorité dans la problématisation et dans le plan. Pour notre sujet, on pourrait par exemple imaginer se demander quelles sont les limites de l’affirmation, étant donné la force d’évidence qui émane de la concision de l’énoncé. Les quelques alternatives (toutefois imparfaites) du terme pourraient être « obstacles », ou « écueils ».

Sur le fond, parler de « limites », c’est faire preuve de maturité intellectuelle. On peut certes donner des éléments de réponse intelligents et pertinents sur un problème précis, mais il faut reconnaître qu’ils ne l’épuiseront pas – la réponse sera toujours incomplète – et que certaines dimensions ne rentreront pas dans le cadre proposé. Disserter demande, selon la tradition sceptique, d’apprendre à penser contre soi-même, à pratiquer l’alternance des points de vue.

10. « Montrer »

Le verbe « montrer » est surtout présent dans le développement de la dissertation (en priorité dans les arguments et pour introduire les références) puisque c’est la partie où sont exposés les éléments de réponse à la problématique. Les alternatives possibles sont « démontrer », « prouver », « présenter », « révéler », « exposer », et éventuellement « affirmer », « avancer », ou encore « poser ». Pour notre sujet, on pourrait commencer un paragraphe en écrivant : « L’étymologie du mot « philosophie » sembler montrer qu’elle consiste, en dernière instance, en l’apprentissage de la mort. ».

L’usage privilégié du verbe « montrer » s’explique par le fait que la dissertation est fondamentalement un exercice d’argumentation. Il s’agit bien, pour le dissertateur, de convaincre le lecteur de la pertinence des éléments de réponse qu’il avance.

11. « En effet »

La locution adverbiale « en effet » est bien utile en dissertation, au point que l’enjeu n’est pas vraiment de savoir où la placer, mais plutôt de faire attention à ne pas en abuser – il est préférable de se limiter à une seule occurrence par paragraphe. Pour exprimer la cause, on peut aussi recourir à « car », « parce que », « puisque », « étant donné que », voire éventuellement « de fait ». « En effet » ou « effectivement » conviennent tout particulièrement pour la deuxième phrase du paragraphe, qui sert à expliquer l’argument. En poursuivant l’exemple du mot n°6, on pourrait écrire : « Le problème du statut de la philosophie semble tout d’abord receler une dimension épistémologique. En effet, le développement de la science aurait imposé un modèle de rigueur dans lequel rentrent difficilement les disciplines de la pensée antérieures. ».

La forte occurrence d’« en effet » dans les dissertations témoigne de la nécessité de structurer logiquement le propos au niveau de chaque paragraphe. Les phrases ne doivent pas être empilées arbitrairement, mais toujours s’inscrire dans un cheminement de pensée le plus clair possible.

12. « Ainsi »

Comme « en effet », l’adverbe « ainsi » a tendance à être trop utilisé en dissertation ; c’est pourquoi il faut, pour ce terme également, ne pas dépasser une seule occurrence par paragraphe. Les alternatives permettant d’éviter la répétition sont « par conséquent », « donc », « dès lors », ou encore « de ce fait ». « Ainsi » sert généralement vers la fin du paragraphe, dans la mesure où il appelle une forme de conclusion. En reprenant les exemples des mots n°9 et 10, on pourrait imaginer comme conclusion partielle de paragraphe : « Ainsi, l’importance de la mort dans l’idéal de la sagesse signifierait que l’étymologie du mot « philosophie » irait dans le sens de l’énoncé. ».

Plus généralement, la grande utilité du mot « ainsi » montre la nécessité de parsemer la dissertation de conclusions partielles – en clair, de poser clairement les résultats de la réflexion ponctuellement tout au long de son évolution afin de « tenir le lecteur par la main ».

13. « Cependant »

L’adverbe « cependant » a plutôt sa place à l’intérieur des paragraphes – et non pas au début ou à la fin – dans la mesure où il constitue un point d’articulation du raisonnement ; il revient aussi fréquemment dans la formulation du plan. Pour notre sujet, on pourrait formuler les deux premières parties comme suit : « Si la philosophie apparaît de prime abord comme une sagesse visant l’acceptation de la condition humaine, son évolution laisse cependant penser que la conception posée par l’énoncé n’épuise pas tous les possibles de la pratique philosophique ». Les meilleures alternatives de « cependant » (qui n’ont pas toutes exactement le même sens précis) sont « or », « en revanche », « néanmoins », « toutefois », ou encore « pourtant ».

Ces mots sont très souvent utilisés en dissertation parce qu’ils révèlent la dimension dialectique de la réflexion, c’est-à-dire la structuration logique de la pensée. En effet, l’opposition en est le lien logique prédominant.

14. « Finalement »

Relativement peu utilisé (en comparaison des précédents), l’adverbe « finalement » a surtout sa place à la fin de la problématisation ; à la fin de chaque grande partie ; et peut-être plus évidemment dans la conclusion. Celle de la dissertation sur notre sujet pourrait par exemple commencer de la manière suivante : « À considérer l’histoire de la philosophie, l’apprentissage de la mort apparaît finalement comme un idéal originel évanescent. ». Dans cette dernière phrase, les alternatives seraient par exemple « en définitive », « au total », ou encore « en fin de compte ».

L’utilité de « finalement » est due à la nécessaire progressivité de la réflexion : celle-ci doit aboutir à un résultat final qui dépasse, en pertinence, en profondeur, et en nuances, les résultats intermédiaires de la réflexion.

15. « Thèse »

Le mot « thèse » fait assez peur – il est d’ailleurs peu utilisé en dissertation – mais son emploi a quelques vertus. De manière évidente, il sert surtout aux endroits où le dissertateur veut démontrer sa maîtrise de la pensée de certains auteurs. Pour notre sujet, on pourrait par exemple écrire : « La thèse de Socrate est que la philosophie est une pratique spirituelle visant en dernière instance à préparer l’individu à la mort. ». Il est également possible de parler d’« idée », de « théorie », de « doctrine », de « conception », de « position », etc.

Ces alternatives permettent de donner la preuve d’une certaine maîtrise de l’histoire des idées, notamment en philosophie, culture générale, économie, voire peut-être histoire, où il s’agit davantage de prendre en compte, de manière factuelle, les idéologies et les mentalités d’une époque. Évoquer la « thèse » d’un auteur, c’est proposer une vision globale synthétique de sa pensée, possiblement (et idéalement) en le replaçant dans la concurrence des courants de pensée.

16. « Selon »

La préposition « selon » sert quasi uniquement à introduire une référence dans un paragraphe du développement de la dissertation, ou éventuellement en accroche. On peut reformuler l’exemple du mot précédent pour introduire encore plus explicitement (et plus simplement) une référence de la manière suivante : « Selon Socrate, la philosophie est une pratique spirituelle servant fondamentalement à préparer l’individu à la mort ». On pourrait également écrire « Pour Socrate… », « D’après Socrate… », ou encore « Socrate affirme/avance que… ».

L’utilité de ce mot s’explique par la nécessité de recourir à des références pour étayer l’argumentation, c’est-à-dire pour donner plus de force aux éléments de réponse proposés afin de convaincre le lecteur. C’est in fine une question d’autorité intellectuelle : si Socrate le dit, c’est que l’idée ne doit pas être stupide.

17. « Perspective »

Le nom commun « perspective » n’est pas beaucoup utilisé en dissertation alors qu’il peut être très utile. En premier lieu, il fait une alternative efficace à « thèse », « idée », « théorie », etc. Ensuite, il permet d’articuler efficacement le raisonnement en prenant du recul : « cette perspective témoigne de… », ou encore « dans cette perspective » permettent de lier deux phrases en faisant de la seconde un développement de la première. On pourrait par exemple développer l’introduction de la référence donnée pour le mot précédent de la manière suivante : « Selon Socrate, la philosophie est une pratique spirituelle servant en dernière instance à préparer l’individu à la mort. Dans cette perspective, elle consisterait plus précisément à ramener le sujet à la conscience des conditions de son existence, dont notamment l’éphémère. ».

Pour le lecteur, le mot « perspective » constitue une indication de la position intellectuelle ou « idéologique » à partir de laquelle se développe le propos. Il peut même servir à lui préciser que la réflexion « zoome » sur le point de vue d’une discipline, comme en écrivant « dans une perspective historique/sociologique, etc. ».

18. « Exemple »

Le nom commun « exemple » est à la fois très commode et plutôt marginalisé. En effet, on apprécie d’une part la capacité qu’il donne d’introduire un élément factuel, voire relativement banal pour renforcer l’argumentation ; d’autre part, en revanche, on craint que sa présence ne constitue un symptôme de l’abaissement de la réflexion à des considérations vulgaires. Or, tout exemple n’est pas à proscrire, car aussi simple soit-il, un exemple a une vertu pédagogique, et par-là argumentative. En clair, le lecteur comprendra très probablement mieux avec un exemple, et il y aura donc plus de chances qu’il soit convaincu de la pertinence du propos. Une fois son utilité réhabilitée, le mot « exemple » peut trouver sa place dans la problématisation, ou à l’intérieur des paragraphes, de préférence en soutien des références (voire parfois comme ersatz). On pourrait développer l’illustration du mot précédent en écrivant que « l’école stoïcienne demandait par exemple à ses élèves de se conditionner à ne pas réagir émotionnellement aux maux de l’existence, comme ne pas pleurer à la mort de leurs plus proches parents ».

Comme le verbe « montrer », la présence du mot « exemple » est la preuve que la dissertation est un exercice d’argumentation, où la force de chaque idée est aussi fonction des régiments intellectuels qui sont mobilisés à son soutien.

19. « Sembler »

Le verbe « sembler » peut être utilisé à peu près partout dans la dissertation ; c’est pourquoi le principal enjeu est, en pratique, d’y recourir avec une relative parcimonie – on peut suivre encore une fois la règle du « une fois maximum par paragraphe » – et de savoir manier les alternatives, comme « paraître », « apparaître », « pouvoir », ou encore, plus généralement, le mode conditionnel. Par exemple, la phrase d’illustration du mot n°16 « Dans cette perspective, elle [la philosophie] consisterait plus précisément à ramener le sujet à la conscience des conditions de son existence, dont notamment l’éphémère. » (qui est déjà au conditionnel) pourrait être transformée de la manière suivante : « Dans cette perspective, elle semble plus précisément ramener le sujet à la conscience des conditions de son existence, dont notamment l’éphémère. ».

Dans l’une comme dans l’autre version, l’idée est exprimée avec une certaine modération. Ainsi, le verbe « sembler » et ses alternatives permettent de faire preuve de maturité intellectuelle et de manière plus pratique, d’évoquer ensuite un point de vue opposé sans donner l’impression d’une contradiction, mais seulement d’une saine alternance d’hypothèses.

20. Le mot-clé

C’est le mot « joker » ! La méthodologie de la dissertation demande de voir dans chaque énoncé un mot-clé, celui dont l’interprétation détermine principalement le sens du sujet et oriente la problématisation, ainsi que la résolution du problème. Par exemple, le mot-clé du sujet « La philosophie, c’est apprendre à mourir. » est « apprendre » parce que c’est essentiellement par ce terme que l’énoncé définit la philosophie (comme un apprentissage, et plus précisément celui de la mort). Autre exemple : dans le sujet « Suffit-il d’observer pour connaître ? » (Bac L 2017), le mot-clé est le verbe « suffire » dans la mesure où le problème précis est de savoir si l’observation est une condition suffisante de la connaissance. Dernier exemple : dans le sujet « Faire parler un texte » (HEC 2017), le mot-clé est le verbe « faire », car il est responsable de la bizarrerie de l’expression (ce qui constitue le point de départ évident de la réflexion).

Une fois le mot-clé identifié, il faut le saupoudrer dans toute la dissertation, jusqu’à trois-quatre fois par paragraphe. En effet, c’est là pour le dissertateur le moyen de donner au lecteur la très forte impression que la dissertation tout entière est focalisée, tel un laser, sur la résolution du problème précis du sujet.

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En conclusion, cette liste est tout sauf anodine, dans la mesure où chaque mot témoigne d’une dimension fondamentale de la dissertation.

Il en ressort plus globalement le sens profond de l’exercice, à savoir que ses modalités et ses conventions ont pour but de refléter efficacement une certaine version de l’intelligence, où prédominent la rationalité, la clarté, et le doute.

Romain Treffel


[1] Le plan aspects/causes/conséquences ne convient pas au sujet « La philosophie, c’est apprendre à mourir ».

By | 2018-12-14T13:34:41+00:00 décembre 14th, 2018|Categories: Uncategorized|0 Comments

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