Dans cet article, je te révèle les vrais enjeux de la conclusion de la dissertation et je te donne ma méthode pour la rédiger en un temps record.

Conclusion dissertation comment la rédiger

Romain Treffel dissertation

La conclusion de la dissertation désigne le tout dernier paragraphe de la copie, celui que tu commences à écrire une fois le développement terminé. Elle doit faire entre 4 et 7-8 phrases, selon la durée de l’épreuve et le temps dont tu disposes pour la rédiger.

On surestime souvent la valeur de cette partie.

Je sens que ce soir, je vais conclure.
– Jean-Claude Dusse, Les Bronzés

En effet, contrairement à l’introduction, la conclusion pèse très peu dans la notation.

Et pour cause :

  • elle n’apporte rien à l’argumentation ;
  • elle ne mobilise aucune connaissance ;
  • tu risques de l’écrire dans la précipitation.

Cela étant dit, tu ne dois pas la bâcler, car c’est une convention importante de la dissertation. En outre, le correcteur prend quand même le temps de la regarder – il la lit souvent en tandem avec l’introduction. S’il ne valorisera pas une conclusion « réussie », il sanctionnera une conclusion trop courte ou maladroite.

L’objectif est donc de satisfaire à la convention en étant efficient.

Lis attentivement cet article, et tu sauras comment rédiger rapidement une bonne conclusion. Si tu as des questions, pose-les-moi dans les commentaires et j’y répondrai sans faute.

La fonction de la conclusion de la dissertation

Étymologiquement, le nom commun « conclusion » vient du latin conclusio, qui signifie « fermeture ».

La conclusion de la dissertation sert donc à refermer le propos (l’introduction l’avait ouvert) : tu as donné tes éléments de réponse au problème intellectuel du sujet dans le développement, ton exposé est terminé.

En pratique, tu dois simplement rappeler les résultats de ta réflexion.

Comme tu écriras souvent ta conclusion dans l’urgence, je te recommande de te focaliser sur ce seul objectif – rappeler les résultats de ta réflexion – afin de ne pas compliquer les choses.

Si tu veux soigner les toutes dernières lignes de ta copie, contente-toi d’essayer d’exprimer, dans la formulation, la maturité intellectuelle apportée par le développement – tu as noirci des pages sur le sujet, donc ta compréhension de ses enjeux doit être plus profonde à la fin de la dissertation qu’au début.

La vérité sur l’ouverture à la fin de la conclusion de la dissertation

Regarde cet exemple d’ouverture proposé par un autre site :

Conclusion dissertation ouverture

Penses-tu vraiment qu’il soit judicieux de terminer une dissertation de philosophie sur la liberté en invitant à réfléchir à la responsabilité des terroristes ?

Je ne critique pas la pertinence de l’idée qui est exprimée, mais le choix de cette idée. Le terrorisme est un sujet complexe et sensible qui divise la société ; l’évoquer en ouverture, c’est prendre le risque de dire une bêtise et de heurter la sensibilité du correcteur.

En l’occurrence, on peut trouver des idées moins risquées, mais le plus simple est de se passer d’une ouverture.

La dissertation est un exercice suffisamment difficile comme ça, alors pourquoi se prendre la tête avec des détails qui compliquent encore la tâche ?

Faire une ouverture à la fin d’une dissertation est une mauvaise idée pour des raisons évidentes :

  • tu risques de souligner une idée qui aurait mérité de figurer dans le développement (et du coup tu mets en évidence une faille dans ton argumentation…) ;
  • tu risques d’évoquer une idée banale ou maladroite ;
  • c’est très compliqué à réaliser et on ne te donne pas de consignes précises ;
  • ça demande une maîtrise de la discipline et une maturité intellectuelle propres à un prof, pas à un élève ;
  • comme tu es à la toute fin de l’épreuve, tu manques probablement de temps.

Plus fondamentalement, dépenser du temps pour l’ouverture n’est pas rentable : c’est un détail dont tu te préoccuperas toujours au détriment de l’essentiel.

Garde plutôt les quelques minutes que tu y consacrerais pour te relire avec plus de soin. Tu tomberas certainement sur des fautes d’orthographe qui feraient mauvaise impression sur le correcteur.

La solution est donc simple : pas d’ouverture, un point c’est tout.

Moi qui rédige chaque année des dizaines de dissertations en deux fois moins de temps qu’un élève (c’est mon métier), je pourrais rédiger de belles ouvertures, qui seraient comme la cerise sur le gâteau – mais je ne le fais pas. Je préfère que ma conclusion mette un point final à ma réflexion, et je ne veux pas non plus donner le mauvais exemple.

Les éléments de la conclusion de la dissertation

Puisque tu dois simplement rappeler les résultats de ta réflexion, la conclusion de ta dissertation ne peut comporter que 3 types d’éléments :

  • le point de départ de ta réflexion, qui est l’aspect le plus frappant du sujet, une idée à la fois évidente et simple de laquelle naît le problème intellectuel de la dissertation (l’idée de la problématique) ;
  • les idées générales des grandes parties ;
  • les idées plus précises des arguments.

En effet, le point de départ de la réflexion pose le problème, auquel les grandes parties et les arguments du développement tentent de répondre. Ces éléments résument donc bien, à eux trois, la réflexion que tu as menée dans la dissertation.

Par conséquent, rédiger la conclusion consiste essentiellement à reformuler des choses que tu as déjà écrites dans l’introduction, ou dans les introductions et les conclusions partielles.

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Ma méthode express pour rédiger la conclusion de la dissertation

Tu rédigeras probablement la conclusion de ta dissertation dans l’extrême urgence – peut-être même que la durée de l’épreuve sera déjà écoulée et que le surveillant réclamera ta copie en te mettant la pression.

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.

Dans ces circonstances, l’enjeu n’est plus de rappeler habilement les résultats de la réflexion, mais d’écrire quelques phrases qui donneront l’impression au correcteur qu’il y a bien une conclusion qui fait le job.

Voici ma méthode express pour rédiger la conclusion de la dissertation :

  1. reformule le point de départ de ta réflexion (qui est dans l’introduction) ;
  2. reformule ton annonce de plan en consacrant une phrase à chaque partie.

Exemple avec le sujet « Philosopher, est-ce apprendre à mourir ? » :

« L’hypothèse selon laquelle l’activité philosophique se réduirait à la seule préparation à la mort apparaît de prime abord radicale. La réflexion philosophique semble en effet embrasser un champ bien plus large que celui de cet apprentissage. Ce thème apparaît cependant fondamental dans la sagesse existentielle que s’efforçaient d’atteindre les philosophes de l’Antiquité. Il révèle donc l’évolution du sens et du contenu de l’activité philosophique jusqu’à l’époque contemporaine. »

J’ai rédigé et commenté entièrement cet exemple de dissertation de philosophie.

Avec cette méthode, tu peux rédiger la conclusion en moins d’1 minute.

Plus tu as de temps, plus tu as intérêt à reformuler le point de départ de ta réflexion et ton annonce de plan. En revanche, si tu dois rendre ta copie le plus vite possible, alors n’hésite pas à les copier-coller.

Ma méthode express est particulièrement utile dans les épreuves de dissertation de 2 ou 3 heures (celles des concours des écoles d’ingénieurs, par exemple) qui laissent peu de temps pour soigner la conclusion.

Ma méthode pour rédiger la conclusion de la dissertation

Tu as besoin de 5-10 minutes pour rédiger une conclusion satisfaisante.

Dans ces circonstances, l’enjeu est de rappeler plus précisément et habilement les résultats de ta réflexion. Tu as le temps d’évoquer les idées des arguments et d’essayer de laisser transparaître la maturité intellectuelle issue du développement.

Voici ma méthode pour rédiger la conclusion de la dissertation :

  • j’évoque le point de départ de ma réflexion (mais pas toujours, parce que c’est souvent redondant avec le grand I) ;
  • je synthétise chaque grande partie en 2 phrases ;
  • la première est une reformulation de l’annonce de plan ;
  • la seconde résume les arguments de la partie.

Exemple avec le sujet « Philosopher, est-ce apprendre à mourir ? » :

« L’hypothèse suggérée par l’énoncé est à première vue surprenante. En effet, « philosopher » apparaît, au XXIe siècle, comme une activité principalement, voire purement théorique, au sens où le philosophe manipule des idées et élabore des discours pour mettre en lumière la vérité. Les thèmes majeurs de la philosophie – la métaphysique, la philosophie politique et l’éthique – empêchent d’imaginer qu’elle se réduise à la préparation à la mort. Or, l’Antiquité offre une image différente de l’activité philosophique. « Philosopher », c’était alors dissiper le trouble de l’âme engendré par la perspective du trépas ; adopter un rapport au temps qui réintègre la mort dans l’existence comme une de ses dimensions essentielles ; se détacher du monde sensible, laisser « mourir » le corps afin que l’esprit, lui, vive pleinement. « Apprendre à mourir » est donc le trait d’une certaine conception de la philosophie. À certaines périodes de l’histoire de la pensée, le philosophe est plutôt un sage qui s’exerce à ce que sa mort future ne perturbe pas sa sérénité ; à d’autres périodes, il s’apparente davantage à un savant, un métaphysicien en quête de vérité. »

Comme pour ma méthode express, plus tu as le temps, plus tu as intérêt à soigner la formulation : écris clairement et utilise des connecteurs logiques. Tu peux aussi ajouter 1 ou 2 phrases si cela fluidifie le propos.

Exemple de conclusion d’une dissertation de philosophie

Sujet : « Suis-je mon passé ? »

  • Version express :

L’hypothèse de l’équivalence entre mon identité et mon passé paraît excessive. En effet, ce que « je suis » semble tout d’abord ne pas pouvoir se réduire à ce que j’ai été. Pour autant, le passé apparaît tout de même comme un facteur fondamental dans la manière dont je me définis. Cette contribution est cependant soumise à divers biais qui affaiblissent encore davantage l’hypothèse proposée par l’énoncé.

  • Version normale :

La question « Suis-je mon passé ? » apparaît de prime abord provocatrice dans la mesure où les caractéristiques du passé personnel semblent au contraire inadaptées pour constituer et stabiliser l’identité du sujet. De fait, les souvenirs disparaissent progressivement de la mémoire, et ils ne pourraient être réappropriés que par un effort d’introspection qui risque cependant d’emprisonner l’individu dans son passé. L’hypothèse proposée par l’énoncé doit par conséquent être écartée. Pour autant, la contribution de son passé dans la manière dont l’homme se définit semble fondamentale à divers égards. La mémoire du passé, personnel comme collectif, serait en effet une condition absolument nécessaire de l’identité, de telle sorte qu’il apparaît finalement possible de caractériser celle-ci par l’organisation, permanente et stable, grâce à laquelle l’esprit gère les souvenirs. Cette potentielle implication du passé dans l’identité ne doit cependant pas occulter les biais à travers lesquels elle s’opère. Étant donné que l’homme tend à projeter ses désirs sur ses souvenirs et qu’il ne retiendrait de son passé, plus généralement, que les portions compatibles avec son équilibre psychologique, « mon passé » serait en dernière instance le mien peut-être dans le sens où je le choisirais et me le réapproprierais en vue de confirmer ce que « je suis ».

Exemple de conclusion d’une dissertation de culture générale

Sujet : « Faire corps »

  • Version express :

La corporalité artificielle suggérée par l’énoncé ne semble pas pouvoir égaler la corporalité organique, mais seulement l’imiter. De fait, la capacité à « faire corps » apparaît de prime abord comme l’apanage du seul corps humain. Elle semble cependant décrire, à l’échelle individuelle, la faculté du sujet à éprouver une union intime avec les choses extérieures à son propre corps. Elle évoque également, à l’échelle collective, un idéal de cohésion pour la communauté humaine.

  • Version normale :

Apposé devant le mot « corps », le verbe « faire » laisse comprendre la corporalité organique comme un modèle de cohésion – un modèle toutefois probablement inatteignable dans la mesure où une imitation ne pourrait égaler l’original. De fait, le corps humain jouit d’une cohésion particulière par la sophistication de son holisme, par sa plasticité, ainsi que par le caractère quasi mystique de l’harmonie qui en émane. À davantage interroger l’expression, cependant, il apparaît que le sentiment d’union éprouvé par le sujet à l’égard de son propre corps peut être étendu à ce qui, dans la réalité, n’appartient pas au corps. Portion d’étendue modulable, le corps humain serait donc susceptible de « faire corps » avec les autres corps matériels, par une simple fusion, sensorielle ou effective, de matière. De l’individu qui « fait corps » avec son vêtement moulant à l’homme du futur qui augmente son corps grâce à la technologie, en passant par l’adepte actuel de la chirurgie esthétique, ce sont autant de façons d’étendre le « faire corps » aux éléments extérieurs au corps individuel. Enfin, l’expression « faire corps » est encore extensible à l’échelle collective, où le sentiment d’union des membres d’un tout social serait idéalement comparable à celui de l’union intime du sujet à son propre corps. Garante de l’unité vivante de la communauté, cette cohésion serait atteignable par la constitution politique du corps social en même temps qu’elle serait peut-être déjà inconsciemment maintenue, à un degré minimal, par l’épanchement des passions collectives.

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